Les français en observateurs

129-03-01

Cette édition est surtout tournée vers l’ajustement des stratégies plutôt qu’à l’exposition des nouveautés. Les constructeurs européens se retrouvent en pleines difficultés, sauf peut-être pour les allemands BMW et Porsh. Avec la menace du japonais Toyota, la prochaine bataille sera rude, les uns cherchent à récupérer le terrain perdu,d’autres à accaparer la place de leader mondial. Quant aux français, lors du Salon, ils étaient comme de simples spectateurs face à l’embellie japonaise et coréenne.

Le Mondial de Paris a ouvert ses portes à la presse internationale, dans “une ambiance morose”, une expression utilisée presque par la totalité des journalistes présentsà ce grand événement.
Les constructeurs de toute la planète étaient présents, les français n’ont pas affiché une bonne mine vue la mauvaise passe qu’ils traversent, après l’euphorie de 2005 où les ventes et les nouveautés ont été très importantes. Le groupe PSA Peugeot- Citroën avait déjà annoncé, une semaine avant l’ouverture du Salon, un plan pour améliorer la compétitivité et freiner cette perte de parts de marché. Son patron, Jean- Martin Foltz, qui tirera sa révérence à partir de février 2007, parle d’une suppression de presque 10 000 emplois afin de laisser les mains libres à son successeur. Renault a, lui aussi, connu une chute des ventes en Europe, et le Salon de Paris n’a pas été cette fois-ci celui des nouveautés auxquelles il a toujours habitué les visiteurs. Il s’est contenté des prototypes, une manière de faire patienter tout le monde. M. Carlos Ghosn, le patron de la marque au losange, pour son premier Salon à la tête du groupe, n’a pu donc présenter que des concepts : la Twingo new look et un SUV appelé Kaleos. Lors de sa conférence de presse M. Ghosn s’est dit “pas surpris de cette chute des ventes en Europe” avant d’ajouter : “Je ne sais pas quoi faire d’autre, si ce n’est préparer l’offensive.”
Cependant, M. Ghosn, lors de ce point de presse, où on a assisté à une forte présence de la presse internationale, a été beaucoup plus attendu sur un autre dossier, à savoir l’alliance avec General Motors. Une question à laquelle le patron de Renault-Nissan a répondu fermement : “Nous voulons mettre en oeuvre une alliance et pas nous contenter de petites coopérations ciblées.” Si les français et certains américains peinent à trouver le chemin des grands moments, en revanche, les asiatiques ne cessent de gagner des parts de marché. Déjà, Hyundai fait une bonne pénétration en Europe, et le japonais Toyota veut régner très bientôt sur la planète automobile. Du côté des constructeurs européens, c’est Fiat qui renaît apparemment de ses cendres. Cette édition 2006 donne déjà le ton du futur automobile et du constructeur qui pourra être le N°1 mondial. Toyota compte bien déloger le géant GM (General Motors), le patron du groupe nippon, Toyota, espère vendre 9,8 millions de véhicules en 2008, avec un lancement de six nouvelles usines d’ici à 2010, soit 15 000 nouveaux postes d’emploi. On devine aussi sa force de frappe, qui n’est autre que les fameuses voitures hybrides. Pour preuve, Toyota a vendu 26 000 Prius le seul mois d’août aux Etats-Unis. D’ailleurs, il installera en 2009, au pays de l’Oncle Sam, son usine qui produira 200 000 voitures hybrides par an.
Le Salon de Paris — appelé le Mondial de l’automobile et aussi le plus médiatisé en accueillant 11 000 journalistes — est un vrai indicateur de ce que sera l’industrie automobile de demain, les enjeux et la concurrence se jouent sur le terrain de l’exposition à Porte de Versailles. Tous les yeux sont braqués sur les asiatiques qui, en ce moment ont le vent en poupe, à l’image des chinois qui fabriquent des voitures par chères avec pratiquement les mêmes équipements qu’offrent les grands constructeurs traditionnels.
L’Europe, qui traverse une crise actuellement, n’arrive pas à vendre mieux, même les offres promotionnelles, les remises et autres n’ont pas suffi.
L’exemple des constructeurs français reste le plus frappant : ils ne sont plus leaders chez eux, ils ne détiennent que 54% du marché français et ils sont passés au mois de juillet dernier sous la barre des 50%. Normal, le prix étant le premier stimulateur dans l’achat, on ne consomme plus français par patriotisme, mais selon ses revenus.
L’idée de Renault de lancer Dacia Logan, une voiture à 5 000 euros, était déjà annonciatrice des difficultés des constructeurs français à convaincre le consommateur avec une gamme vieillissante et toujours aussi chère

Karim .C

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